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vendredi 19 juin 2015

Polyculture et diversité génétique des reines, même combat

Extrait de http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20150616.OBS0886/60-ans-que-l-agriculture-a-tout-faux.html

Des chercheurs français viennent de démontrer que les rendements des cultures sont plus élevés quand différentes plantes sont mélangées et qu’elles possèdent un patrimoine génétique diversifié. L’exact contraire de ce que fait l’agriculture depuis 60 ans.

Une démarche totalement nouvelle pour la science

Les résultats de recherches montrent que les polycultures ont eu en moyenne un rendement meilleur que les monocultures, surtout en condition de sécheresse. En irrigation, les parcelles en plantes mélangées ont présenté un rendement supérieur de 2 tonnes par hectare. En situation de sécheresse, la différence est de 8 tonnes par hectare ! La biodiversité génétique apporte un second enseignement. Les parcelles contenant dix génotypes différents pour une seule espèce, au lieu d’un seul, ont présenté une meilleure stabilité de rendement d’une année sur l’autre.

Les plantes se partagent les ressources en eau et nutriment

"Dans les parcelles en polycultures, les plantes n’extraient pas l’eau et les nutriments à la même profondeur dans le sol, leurs racines étant extrêmement différentes. Il y a donc une meilleure exploitation de la ressource disponible". Le rendement plus stable avec un nombre de génotypes plus important s’explique par les capacités individuelles de résistance de chaque individu, ce qui augmente les chances qu’au moins une partie de la population soit moins affectée par le manque d’eau. Avec un seul génotype, la totalité des plantes souffrent en même temps.

CLONES plus vulnérables

Aujourd’hui, la grande majorité des surfaces semées en grandes cultures (maïs, blé, oléagineux) sont occupées par des plantes qui ont exactement le même patrimoine génétique. Or, cette logique est en train de buter sur des contraintes physiques d’épuisement des sols, biologiques de multiplication des ravageurs s’attaquant à des clones présentant tous la même faiblesse et surtout climatiques avec l’augmentation des températures. Le maïs perdra au milieu du siècle 10% de rendement.

"Nos résultats montrent qu’il est désormais plus intéressant de parier sur la biodiversité pour augmenter les rendements". De plus en plus d’agriculteurs et quelques semenciers commencent à envisager de changer radicalement de pratiques agronomiques. Ce changement va autant toucher la science que les agriculteurs. "Il devrait être possible pour les agronomes de définir et améliorer des mélanges d’espèces qui puisse augmenter les rendements en optimisant les conditions dans lesquelles les végétaux se complètent entre eux. Les mêmes outils et technologies qui ont été développées et employées pour améliorer la monoculture pourraient d’ores et déjà être employés pour la production en polyculture".


Commentaire d'Abeilles-sur-Saône

Pour les mêmes raisons la diversité génétique des reines, et la diversité des formes d'apiculture (Apiculture durable), sont indispensables pour améliorer la résistance des abeilles face aux Varroas et Pesticides.

La diversité florale environnante est aussi absolument indispensable (fleurs sauvages au bord des routes, polycultures, etc...).


Voir aussi :

La moitié de la pollinisation est assurée par les abeilles sauvages

Extrait de http://www.romandie.com/news/La-moitie-de-la-pollinisation-est-assuree-par-les-abeilles-sauvages/603168.rom

Une moitié de la pollinisation des cultures est assurée par 125 espèces d'abeilles sauvages et de bourdons.

Il y a en Europe centrale 750 espèces d'abeilles sauvages.
Seuls 2% des espèces sont responsables des 80% de la pollinisation imputée à l'ensemble des abeilles sauvages.

La valeur ajoutée apportée par les abeilles sauvages par hectare de culture est en moyenne de 3000 dollars. L'abeille domestique apporte une contribution identique.

Ces espèces peuvent être favorisées par des mesures éprouvées comme l’agriculture biologique, les bandes fleuries et les ourlets herbacés.

Redondance fonctionnelle


Il existe plusieurs bonnes raisons de promouvoir les espèces rares, même si elles contribuent peu à la pollinisation. Il est par exemple difficile de dire aujourd’hui quelles seront les espèces importantes demain pour la pollinisation, dans des conditions climatiques qui auront changé.

Il est important que plusieurs espèces soient disponibles pour une même fonction. Cette redondance fonctionnelle augmente la probabilité qu’au moins une espèce continue à fournir la prestation écosystémique en cas de modification des conditions.

En outre, les espèces rares de pollinisateurs sont essentielles à la survie de nombreuses plantes sauvages qui ne sont pas pollinisées par les abeilles généralistes.


Complément de http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/20150622.OBS1261/sauver-plus-d-abeilles-sauvages-pour-sauver-nos-recoltes.html:

Le colza ne dépend qu'à 20% de la pollinisation, le melon à plus de 90%.

Voir aussi :

samedi 25 avril 2015

Causes du syndrome d'effondrement des colonies d’abeilles


Extrait de http://www.tela-botanica.org/actu/article6858.html#


“L’effondrement des colonies d’abeilles” (CCD « Colony Collapse Disorder ») a deux grands types de facteurs :

1. Les facteurs liés aux pratiques des apiculteurs :

a) l’échange entre les continents des reines ou essaims ont véhiculé : acariens (Varroa destructor), champignons (Nosema ceranae), virus (DWV, très nombreux), etc. Chaque espèce (Apis mellifera en Europe et Apis cerana) en Asie sont résistantes aux parasites de leur propre territoire mais pas celui des autres contrées.
b) .../...
c) la sélection des abeilles qui privilégie les lignées peu agressives et très productrices, moins résistantes aux parasites.
d) la disparition du brassage génétique entre abeilles mellifères d’élevage et abeilles mellifères sauvages ne permettant plus l’introduction de gènes naturels de résistance dans le cheptel d’élevage. (Inversement, si une femelle s'accouple avec plusieurs mâles, cela permet à l'espèce d'accroître la diversité génétique de sa descendance, de renforcer ses capacités d'adaptation vis-à-vis de l'environnement colonisé et de contribuer ainsi à sa survie.)

2. Les facteurs liés à l’environnement :

a) l’usage généralisé des pesticides dans l’agriculture :
les abeilles sont particulièrement sensibles à leur présence à très faible dose,
l’abeille mellifère Apis melifera étant un animal social, ce qu’il faut étudier ce n’est pas l’abeille en tant qu’insecte, mais la colonie en tant qu’individu collectif. De ce fait, un produit qui semble non toxique à l’échelle individuelle, peu le devenir au niveau d’une colonie si le comportement de chaque individu est modifié, même très légèrement. C’est ce point qui fait controverse entre Bayer, Syngenta et autres producteurs de néonicotinoïdes qui étudient seulement les doses létales individuelles, et les apiculteurs qui raisonnent en termes de comportement des colonies.
la combinaison de plusieurs pesticides différents augmente considérablement leur effets par potentialisation. Certains fongicides (EBI) avec des insecticides (pyréthrénoides et néonicotinoides) pouvait multiplier par 100 à 1000 l’action de ces derniers !

b) la chute dramatique de la biodiversité, phénomène mondial aujourd’hui aussi important que le changement climatique qui affecte pratiquement tous les territoires. Dans nos contrées, ce sont principalement les pratiques culturales qui sont en cause en réduisant fortement la diversité des plantes à butiner, notamment en zone de grande culture (c’est un peu comme si les abeilles ne devaient se nourrir que chez MacDo), mais pas seulement :
les herbicides sont présents presque partout, il est très rare de voir des bandes non traitées réservées à la faune sauvage autour des champs cultivés,
le retournement des prairies permanentes au profit des prairies artificielles bien plus pauvres biologiquement se généralise,
les coupes brusques de foin ou autres fourrages sur de très grandes surfaces affament subitement tous les insectes pollinisateurs qui y butinaient,
la destruction des haies (500 000 km ont été détruits en France en l’espace de 50 ans) et la taille violente exercée sur les quelques haies restantes privent les abeilles et autres insectes de fleurs printanières essentielles (prunelliers, aubépines principalement) mais ronces également plus tard en saison.

c) l’action combinée de ces différents facteurs (pesticides, alimentation et parasites) a des effets bien plus considérables que la somme des actions unitaires de chacun d’entre eux, conduisant à l’effondrement de colonies entières.

Voir aussi :

samedi 14 mars 2015

Bâtardes, nos abeilles ?

Plusieurs "lignées" d'abeilles co-existent. Essayons d'y voir plus clair :
  • Les lignées protégées conservées à l'abri de croisements avec d'autres lignées, comme l'Abeille Noire de l'île d'Ouessant (Apis mellifera mellifera), en principe douce et résistante (http://www.abeillenoireouessant.fr).

  •  Les lignées dont les reines et faux-bourdons sont maîtrisés par les apiculteurs-reproducteurs, par exemple les Buckfast, très productives mais nécessitant un nourrissage et des traitements contre le varroa sous peine de perdre la colonie.
  • Les nouvelles lignées produites par croisement avec des abeilles d'autres continents, par exemple les Abeilles VSH ou SMR ou Hygiéniques, dont l'objectif affiché serait 1) d'abord d'être très productive, 2) de résister au varroa sans traitements.
  • Les reines et abeilles de toutes sortes importées d'autres pays ou continents, aux caractéristiques variées.
  • Les bâtardes que les apiculteurs récupères dans les arbres (essaims naturels provenant de leurs ruchers ou d'ailleurs), ou bien qu'ils produisent par division des ruches et remérage naturel. Les reines peuvent éventuellement être connues mais pas les 10 à 20 faux-bourdons qui les fécondent. Ces bâtardes peuvent ou non survivre sans nourrissage ni traitement contre le varroa. 
  • Les mêmes bâtardes qui vivent librement dans des cheminées ou des troncs creux, et qui survivent ou non. Les plus résistantes essaiment et refondent des colonies. Ces bâtardes sont extrêmement utiles pour maintenir et développer de lignées naturellement résistantes.

On peut acheter des reines et colonies de toutes ces sortes d'abeilles.

Les bâtardes se trouvant dans les ruches ou dans les cheminées sont donc des mélanges de toutes ces sortes d'abeilles, une femelle s'accouplant avec 10 à 20 mâles de provenances variées. En permettant à l'espèce d'accroître la diversité génétique de sa descendance ce phénomène permet de renforcer ses capacités d'adaptation vis-à-vis de l'environnement colonisé et de contribuer ainsi à sa survie.

Voir aussi L'apiculture durable - Quelques propositions 
et :

dimanche 22 février 2015

"Drame silencieux en train de se jouer en ce moment-même"

Extrait de http://www.leveil.fr/actualite/Un-drame-silencieux-la-disparition-des-abeilles-106019

Un rapport de l'Institut national de la recherche agronomique parle d'un "drame silencieux qui est en train de se jouer en ce moment-même". Les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour notre environnement, la biodiversité et l'avenir de notre alimentation si nous n'intervenons pas rapidement. Des scientifiques sont de plus en plus nombreux à penser que les abeilles sauvages qui assurent presque à elles seules la reproduction et la survie de plus de 70 % des plantes à fleurs à travers le monde sont en rapide déclin.

Une espèce de plante à fleurs sur dix serait déjà menacée d'extinction en France.

...pesticides de plus en plus toxiques... agriculture intensive... recul de la biodiversité... monoculture... destruction des haies contribuent à la disparition des abeilles et des plantes.

"Il faut dresser d'urgence un panorama des populations d'abeilles sauvages et un inventaire des plantes qui en dépendent".

La lutte biologique devrait être privilégiée...le fauchage raisonné (plus tardif) appliqué sur le réseau routier départemental, étendu aux chemins communaux.

Voir aussi :

mardi 17 février 2015

Les abeilles, parfaites petites citadines : la fin du monde s’éloigne ?

Extrait de http://www.atlantico.fr/decryptage/abeilles-parfaites-petites-citadines-fin-monde-eloigne-peu-bruno-parmentier-2005685.html
Atlantico : Des chercheurs ont récemment comparé la façon dont les abeilles se développaient dans trois environnements différents. ... les abeilles trouvaient en ville une plus grande diversité de fleurs et de plantes, grâce notamment au développement des fermes de ville, et des espaces verts.

En ville, on trouve certes de la pollution atmosphérique, mais également d'avantage de biodiversité que dans les campagnes d’agriculture intensive, et finalement moins d’insecticides. On pourra en quelque sorte constituer des réserves de biodiversité en ville !
Si cette étude peut alimenter un certain espoir, en quoi le fait que des abeilles pourraient survivre dans les villes n'est-il pas suffisant ? Si les abeilles des champs continuent de mourir, on n’aura tout simplement plus rien à manger en ville ! 
Conclusion

Vive les abeilles en ville... et à la campagne !
Et vive les jardins de ville comme ici : http://www.reporterre.net/A-Lisbonne-les-parcs-deviennent

Voir aussi :